France

Cognac

Ajouté le 08/06/2006

Cognac ville située sur les rives du fleuve Charente, tire de celui-ci sa prospérité et sans doute son origine.  
Connu dès le néolithique pour sa navigabilité, le fleuve Charente constituait une des voies principales de communication tant pour les denrées que pour les hommes.  
Plus tard lors du développement de la civilisation gallo-romaine, ce qui allait devenir Cognac était situé entre la voie Saintes-Limoges et Saintes-Périgueux.  

Cognac, plus exactement Condate était alors dans la Civitas Santonensis, le pays des Santons.  
Peu d'éléments dans la ville subsistent de cette période, si ce n'est l'énigmatique site de la Haute-Sarazinne, lequel semblerait être l'un des tout premiers lieux vinaires, la viticulture ayant été introduite durant cette période.  
A partir du Moyen-âge, l'histoire de la ville est mieux connue : port sur la Charente axé sur le négoce du sel, octroi de libertés communales par Jean sans Terre le 4 juillet 1215, fondation du Prieuré de Saint-Léger au XIeme siècle.  
Un bourg se créé autour de celui-ci, alors qu'un autre avait vu le jour autour du château ; bourg du Prieur et bourg du Château furent unis par une enceinte fortifiée, ainsi que le quartier économique d'alors : le Quartier Saunier.

Cognac bénéficiait de privilèges fiscaux favorables au développement de la ville.  
Prospérité née du commerce du sel et du vin et que se disputèrent, durant la période médiévale, Anglais et Français.  
La châtellenie de Cognac était devenue au XIIeme siècle partie intégrante du Comté d'Angoulême, la ville devint alors le lieu de séjour favori d'une petite cour provinciale véritable foyer littéraire et artistique.  
C'est ainsi que le 12 septembre 1494, vers 22 heures naît au château, François de Valois-Angoulême, lequel par le jeu successoral devint le Roi François Ier en 1515. Durant tout son règne il fit de nombreux séjours à  Cognac.  
Mais déjà  grondait l'orage des guerres de religions et le beau XVIeme siècle du Roi cognaçais sombre dans la tourmente sanglante des affrontements et plus particulièrement en 1569.  
Cognac dû trouver un certain équilibre entre les belligérants, équilibre que l'on retrouve tant dans le climat et les paysages, que dans le caractère des habitants.  

Les rois Valois confirmèrent les privilèges de la ville.  
Il n'en fut pas de même avec les Bourbons.

Ceci eut pour conséquence de réduire l'importance de la place du négoce du sel, mais les Cognaçais surent réagir et le commerce du vin se développa, aidé en cela par les relations, souvent familiales entretenues avec l'Angleterre et la Hollande, de nombreux natifs, huguenots, s'y étant réfugiés.  
Le vin voyageait mal par mer, et les marchands européens décidèrent de le brûler, c'est à  dire de le distiller, ainsi naquit la "liqueur des dieux".  
En 1651, pendant la Fronde, Cognac eut à  soutenir un siège resté fameux dans l'histoire. Louis XIV pour remercier la ville de son soutien accorda quelques privilèges.  
Le XVIIIeme siècle cognaçais fut celui du développement de son nouveau négoce et de l'installation de familles anglo-saxonnes.  
Vinrent la Révolution et l'Empire, lesquels stoppèrent un temps les exportations d'eau-de-vie, qui reprirent au XIXeme siècle, pour connaître une courbe sans cesse ascendante, génératrice d'une prospérité dont témoignent encore les hôtels des négociants de la fin du XIXeme siècle et du début du XXeme.  

Entre le début et la fin du XIXeme la population est multipliée par cinq, le visage de la ville s'adapte à  cette nouvelle démographie. Tout ceci malgré le phylloxéra qui ruina nombre de viticulteurs.  
En 1888, dans une de ces familles de négociants, naquit un certain Jean Monnet, l'un des pères fondateurs de l'Europe.  
Il n'est pas la seule célébrité de la ville, puisqu'en 1874, y naquit le constructeur de voitures Louis Delage, de même c'est à  Cognac que fut inventée la machine à  souffler le verre mécaniquement par Claude Boucher, et en 1875, François Lecoq de Boisbaudran, savant natif de la ville, y découvrit le gallium.  
Comme le reste du pays, après la Première guerre mondiale, Cognac connut une chute démographique, mais malgré les crises économiques successives de l'entre-deux guerres, on buvait toujours du cognac de par le Monde, le train avait remplacé les gabares et la roue du négoce tournait.  

Dans les années 1930 la Base Aérienne naissait et Cognac s'ouvrait à  l'Europe.  
Votre visite de Cognac débutera certainement par la Rue Grande et la Maison de la Lieutenance.  
C'était l'axe principal de la ville du Moyen-à‚ge jusqu'au milieu du XIXème siècle, bordée de maisons à  pans de bois, dont la maison dite de la Lieutenance aux remarquables pièces de charpentes sculptées du XVème siècle.  
Puis vous enchaînerez sur la rue Saulnier.  
En pente et allant vers la Charente, elle faisait partie du quartier Saulnier.  
Cognac fut du Moyen-à‚ge au XVIIème siècle, une place de négoce du sel. Au XVIIème siècle, une mutation commerciale substitua le négoce des eaux de vie à  celui du sel ; ce qui favorisa l'implantation des hôtels particuliers des négociants, hôtels que l'on peut voir de nos jours.  
Cette rue vous mènera bien entendu jusqu'au fleuve.  
Le plus beau ruisseau du royaume selon l'expression d'Henri IV, a de tout temps contribué au développement de la ville et de la région de Cognac.  

Les lourdes gabares, chargées des pierres de Saint-Même les Carrières ou d'armes fabriquées à  Ruelle ou des eaux-de-vie du cognaçais ont longtemps descendu le fleuve Charente jusqu'à  la mer d'où elles revenaient chargées du sel de Brouage ou de l'lle de Ré.  
Le fleuve Charente de nos jours connaît à  Cognac une seconde vie liée aux "sports et aux loisirs".  
Puis vous irez flâner du côté du Château et de la porte Saint-Jacques. Le château de Cognac est mentionné dès le Xème siècle.  
Il fut la résidence favorite des Valois d'Agoulême et François Ier y vit le jour en 1494.  
La porte Saint-Jacques ou porte des Ponts faisait partie de l'enceinte de la ville.  
Elle commandait un pont aujourd'hui disparu.  

Elle fut reconstruite à  la fin du XVème siècle et est restée à  l'identique jusqu'à  aujourd'hui.  
Non loin de là  et fondé au cours de la Contre Réforme, au XVIIème siècle, le couvent des Récollets offre une galerie voûtée, un puits, une rampe d'escalier en fer forgé portant le monogramme de l'un des moines.

Puis vous découvrire les églises Saint-Léger et Saint-Martin. Eglise prieurale fondée au XIème siècle, l'architecture de la première va du XIème au XIXème siècle, plusieurs éléments remarquables de toutes époques, dont son portail du XIIème siècle avec son décor de signes du zodiaque.  
La seconde, plus petite et édifiée au XIIème siècle a conservé, dans ses abords immédiats, les vestiges de son ancien cimetière des époques mérovingienne et carolingienne.  
Puis, magnifiquement situé au coeur d'un jardin redessiné à  la fin du XIème siècle, l'Hôtel de ville occupe un ancien Hôtel particulier de négociant du milieu du XIXeme siècle.  
En 1892, les services de la ville s'y installèrent.  
Sur la façade nord sont fixés les canons donnés par Louis XVI à  l'amiral d'Orvilliers et qu'une de ses parentes offrit à  la Ville pendant la période révolutionnaire.  

Enfin, la plus belle place de la ville est sans conteste la Place François 1er.  
Cette place qui porte en son centre la statue dudit Roi, doit l'origine de sa forme au bastion qui y fut érigé en 1651, lors du siège de la ville par les frondeurs.  
Ce bastion défendait une des portes de la ville qui était située à  l'entrée de l'actuelle rue d'Angoulême.  
Cognac regorge de fêtes et de festivals comme la fête de la vendange et la fête du Cognac, le festival du film policier ou encore les floralies.

source : Woyage.com

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