Afrique

Mekhnès : sur les traces d'Eugène Delacroix

Ajouté le 24/06/2007
Ébloui par son voyage au Maroc, le peintre Eugène Delacroix a traduit dans ses toiles son enthousiasme pour ce pays et sa lumière. Profitez d’une escapade à Mekhnès pour retrouver à l’intérieur des murailles fauves les scènes de rues, les odeurs, les couleurs qu’il a aimées.

“Ici, le pittoresque abonde. A chaque pas, il y a des tableaux tout faits qui feraient la gloire de vingt générations de peintres”, écrit Eugène Delacroix à l'un de ses amis, peu après son arrivée à Mekhnès. Nous sommes en 1832.

A la demande de Louis-Philippe, il est venu immortaliser une rencontre entre une mission diplomatique française et le sultan. Immédiatement le peintre est fasciné par le décor. Le jour, il consigne sur un carnet les murailles fauves, les scènes de rues, les couleurs. Le soir, il griffonne ses impressions. Pendant toute la durée des négociations, il parcourt la médina, s'émerveille devant les échoppes qui regorgent d'épices, se fait expliquer le mode de vie des habitants, les hommes “enturbannés”, les femmes derrière leur haïk.

A l'extérieur, il découvre l‘animation d'un campement, le lent cheminement d'une caravane de mulets et de chameaux, et se laisse également séduire par les spectaculaires fantasias. De retour dans son atelier parisien, il y puise dans ses notes l'inspiration de soixante-trois chefs d'œuvre.

Aujourd'hui, les remparts ocres ceinturent toujours l'ancienne capitale, dont Moulay Ismail, le sultan bâtisseur, voulait faire un “Versailles marocain”. Quelques somptueux monuments témoignent de sa vanité pharaonique, parmi lesquels des medersas, écoles coraniques, aux murs finement ouvragés, et des palais aux gigantesques portes sculptées.

Devant la porte Bab Al-Mansour, un jeune homme nous interpelle : “Français? Chouf !” (regarde). Il sort de sa poche une feuille défraîchie sur laquelle est représentée une muraille fauve. Cette pâle reproduction n'est évidemment pas un croquis de Delacroix, mais constitue pour Ali une façon de lier connaissance et de s'imposer comme guide. Devant la mosquée, seul sanctuaire marocain ouvert aux non-musulman -parce que le Maréchal Lyautey refusa de rester à la porte alors que le sultan entrait pour prier-, Ali évoque le fondateur de Mekhnès.

Persuadé que Louis XIV allait lui accorder la main de sa fille, la princesse de Conti, Moulay Ismaïl a couvert sa ville de mosquées, de palais -où il logera ses 360 femmes et ses 800 enfants- et d'écuries pour abriter ses 12 000 chevaux. Beaucoup de bâtiments ont été détruits, mais quelques autres, même plus tardifs, méritent que l'on s'y attarde : le palais Dar Jamaï, ancienne demeure d'un vizir métamorphosée en musée, les abords du bassin de l‘Agdal qui irriguait les jardins royaux, les haras où sont élevés les fameux pur-sang arabes.

Puis Ali nous entraîne dans le dédale de la médina. Moins touristique que celles de Fès et de Marrakech, elle offre le même spectacle sur le travail des artisans, potiers, menuisiers, forgerons, dinandiers, maroquiniers. Revenu à Bab Al-Mansour, à l'heure où le soleil enflamme les murailles fauves, on a le sentiment d'appartenir à l'un des tableaux de Delacroix.


Office National du Tourisme Marocain
161 rue Saint-honoré, 75001 Paris
Tel. 01 42 60 63 50
Site : www.tourisme-marocain.com



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