Baignées par un lacis de canaux, les maisons à pignons patinées par les ans racontent l’histoire de Bruges. La “Venise du nord “ se découvre en bateau, à pied, en calèche. Balayé par le vent du large - la mer du Nord n’est qu’à 12km à vol d’oiseau- le plat pays s’étire à perte de vue autour de la cité lovée entre ses canaux et hérissée de tourelles, de clochers, d’édifices crénelés.

Ce spectacle s'offre aux courageux qui gravissent les 366 marches conduisant à la terrasse du vieux beffroi. De ce promontoire, Bruges montre une grande homogénéité, alors qu'en réalité tous les styles s'y côtoient : classique, roman, gothique, baroque.
Ce festival architectural commence au XIIIe siècle lorsque les riches drapiers en font le cœur financier de l‘Europe, où affluent des négociants de toutes nationalités. Après une période de prospérité au XVe siècle, lorsque la Cour de Philippe le Bon attire les peintres dont Jan Van Eyck, le chantre de l'art primitif flamand, la ville s'endort. Oubliée par la révolution industrielle, elle sort de sa torpeur à la fin du XIXe grâce au roman “Bruges la Morte” de Georges Rodenbach, qui la décrit comme une belle endormie. Aujourd'hui, elle a pris conscience de son inestimable patrimoine et a retrouvé sa splendeur d'antan.
Place du Burg, la flamboyante dentelle gothique de l'Hôtel de Ville rivalise avec les dorures Renaissance de l'ancien Greffe, qui évoquent les tapisseries flamandes brodées de fils d'or et d‘argent. Au pied du beffroi, sur la Grand'place, l'effervescence rappelle l'animation du marché de jadis. Installés dans les anciennes maisons des corporations, les restaurants, dont les terrasses débordent largement sur la chaussée, proposent des spécialités locales telles l'anguille au vert ou le lièvre à la bière. Au hasard d'une venelle, des piétons s'attardent devant une enseigne à tête de lune en ferronnerie. C'est le palais Gruuthuse, demeure gothique aux fenêtres “blasonnées”, qui témoigne des intérieurs raffinés d'autrefois.
Ici, un couple, bercé par le martèlement des fers des chevaux sur les pavés, découvre en calèche l'ancien quartier des tanneurs, dont les dessus de portes sont ornés de bas-reliefs. Là, des enfants, agglutinés devant une vitrine, salivent en regardant les tas de “pralines”, les fameux chocolats belges, qui se mêlent aux “babeluttes”, sortes de caramels.
Plus loin, attablés à la terrasse d'un estaminet campé au bord d'un quai fleuri, deux compères s'initient aux bières locales, la rafraîchissante blanche de Bruges et la puissante Bourgogne des Flandres. Tandis qu'une barque glisse sous un petit pont arrondi en dos d'âne, dévoilant à ses passagers les façades éclairées de fenêtres à meneaux qui se dédoublent dans le sombre miroir de canaux.
Contrastant avec les briques des palais du XVe, habillées de vigne vierge, les façades du Béguinage revêtent une blancheur immaculée. Classé patrimoine mondial depuis 1998, ce havre de paix fut fondé en 1245 pour accueillir les femmes célibataires ayant choisi de mener une vie contemplative, sans prononcer de voeux définitifs. Depuis les années 30, il est habité par une communauté de dix-huit soeurs bénédictines qui ont gardé la même tenue noire à guimpe blanche. Chaque jour, le public, admis dans l'enclos, peut visiter une maison de béguine-type et les apercevoir se rendre aux offices. A proximité, sous les grands saules qui frissonent au vent, le Minnewater, ou lac d'Amour, invite à la rêverie. Qui se souvient que ce romantique plan d'eau était autrefois le port de Bruges où accostaient quotidiennenent près de 150 vaisseaux ?

Au fil de la balade brugeoise, on se laisse envahir par une suave nostalgie. Et à la tombée de la nuit, lorsque les projecteurs jouent sur les façades baroques, gagné par un peu de vague à l'âme, on se prend pour la Marieke de Jacques Brel “entre les tours de Bruges.......”
Carnet pratique A voir - Beffroi et Hôtel de ville
- Musée Memling (Maraiastraat 38)
- Basilique. Beguinage
- Centre de la Dentelle (Peperstraat 3)
- Straffe Hendrik (Walpein 26) une brasserie familiale.
Où se renseigner Tourisme Belgique Flandres 6 rue Euler
75008 Paris (bureau fermé au public)
Tél.
01 56 89 14 40 info@tourismebelgique.com www.tourismebelgique.com
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